À propos de Linky
Selon Wikipedia, Enedis, alors ERDF, lance le projet Linky en 2007 ; le nom est trouvé en mars 2009. Le déploiement de compteurs communicants trouve son origine dans des directives européennes de 2006 et 2009, et la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015 l’inscrit dans le droit français. Entre 2007 et 2009, un consortium placé sous la responsabilité d’Atos Origin France et réunissant les constructeurs Landis+Gyr, Itron et Iskraemeco ainsi que Trialog, chargé du protocole de communication, est désigné. Une expérimentation installe 300 000 compteurs en Indre-et-Loire et à Lyon à partir de mars 2009.
Le déploiement national commence officiellement le 1er décembre 2015 avec une première vague de trois millions de compteurs. Enedis adopte une stratégie dite en tache de léopard, en équipant des zones complètes réparties sur tout le territoire. D’après Wikipedia, environ 30 millions de compteurs étaient posés à la mi-janvier 2021, et 36 millions en 2022 selon TF1. En 2025, 1,7 million de clients d’Enedis, soit moins de 5 % du total, étaient encore équipés d’un compteur d’ancienne génération. Le compteur Gazpar, son équivalent pour le gaz, est installé chez les onze millions de consommateurs de gaz.
Selon le ministère de l’Environnement et la Commission de régulation de l’énergie, cités par Wikipedia, Linky relève automatiquement les consommations sans intervention physique d’un technicien, sans présence de l’usager, et permet des factures fondées sur des données réelles plutôt qu’estimées. Les données remontent du compteur au concentrateur installé au niveau du transformateur par courants porteurs en ligne sur le réseau basse tension. Le compteur peut aussi enregistrer la courbe de charge selon le contrat, et sa sortie de télé-information client a été modernisée, avec un débit de 9 600 bauds au lieu de 1 200 pour l’ancien mode.
Le coût du programme a été discuté. Dans son rapport de janvier 2018, la Cour des comptes l’évalue à 5,7 milliards d’euros, dont 5,39 milliards pour Enedis, soit environ 130 euros par compteur, répartis entre fabrication, pose et reste du dispositif. Elle juge la rentabilité tirée des économies sur le réseau médiocre et estime que le mécanisme de différé tarifaire, qui permet à Enedis d’avancer le financement puis de se rembourser sur les factures à partir de 2021, entraîne un surcoût de 506 millions d’euros pour les usagers.
L’installation a suscité des contestations de particuliers, d’associations de consommateurs et de plusieurs centaines de communes. La CNIL a alerté sur le caractère potentiellement intrusif des courbes de charge précises, et Wikipedia rapporte qu’Enedis indique que les données sont chiffrées dans le compteur et que l’usager peut refuser la transmission des informations détaillées. Des communes ont pris des délibérations contre la pose ; en 2016, une délibération du village de Montferrand-du-Périgord a été suspendue par la justice administrative à Bordeaux.
Pour évaluer Linky, les avis utiles précisent la date et le déroulement de la pose, le fonctionnement du compteur, la fiabilité des relevés et des factures, l’accès aux données de consommation et la réponse d’Enedis ou du fournisseur d’électricité en cas de problème.